COVID-19 et déconfinement : quel est l’impact du crédit immobilier sur les acquéreurs ?

Le marché immobilier reprend progressivement, les taux d’intérêt restent attractifs, mais pour autant, les conditions d’octroi des prêts par les banques se durcissent.

Au sujet des projets immobiliers, la crise sanitaire n’a pas eu comme conséquences le report des projets immobiliers de nombreux acquéreurs potentiels. En effet, le confinement a permis d’affiner les critères des biens convoités tels que la situation géographique, le prix, les extérieurs, ou encore le niveau de vie. Cependant, les répercussions du Covid-19 creusent les inégalités. Ainsi la peur de la perte d’emploi ou le manque de visibilité des Français entraînent le report voire l’annulation des projets immobiliers.

D’après les courtiers en crédit, les banques prennent de plus en plus de nouveaux dossiers de prêt immobilier. Les taux de crédit sont encore attractifs, mais les dossiers font l’objet d’une plus grande sélectivité et les critères d’emprunts se durcissent.

Des taux qui flambent mais qui reste finalement encore assez bas

 Selon le dernier rapport de l’Observatoire Crédit Logement CSA, en mai 2020, le taux fixe moyen des prêts (hors assurance) s’établit à 1,25%, soit 12 points de base de plus qu’en janvier 2020 (1.13%). Malgré cette légère croissance, les taux d’intérêt restent faibles.

Un indicateur clé à ne pas négliger, le taux d’usure, qui se définit par un taux d’intérêt maximal auquel les banques sont autorisées à prêter de l’argent dans le cadre d’un prêt immobilier. Englobant le taux d’intérêt mais aussi l’assurance emprunteur, ce seuil est établi tous les 3 mois par la Banque de France. À compter du 1 avril 2020, le taux fixe d’un crédit immobilier sur 20 ans et plus, ne peut excéder 2,51% ce qui peut refroidir de nombreux acquéreurs potentiels.

Des banques de plus en plus sélectives sur les dossiers de financement

 Les banques anticipent une dégradation de la situation économique sur l’Hexagone dans les prochains mois. Elles appliquent strictement les recommandations du Haut Conseil de stabilité financière (HCSF) en étant notamment attentives à ne pas être au-dessus du taux d’endettement de 33%.

Elles demandent donc aux agences de courtiers d’être plus vigilants sur la situation professionnelle des emprunteurs : secteur d’activité dans lequel ils travaillent, le taux d’endettement, la part de l’apport par rapport au montant du bien mais également une revalorisation du bien de l’épargne après projet.  

Une production de crédit en baisse au second trimestre

 Le nombre de prêts immobiliers octroyés en avril et mai 2020 a chuté de 14,90% dans le neuf par rapport à l’année dernière, tandis que la production de crédit a diminué de 8,83% sur la même période, selon l’Observatoire Crédit Logement/CSA.

Le marché immobilier menace les ménages les plus modestes. D’après l’économiste Michel Mouillart, environ 220 000 ménages pourraient être exclus du marché d’ici 2021 à cause du Covid-19.

Le fait est qu’il est important de veiller au risque de surendettement, néanmoins, il y reste primordial que cette considération ne perturbe pas la bonne reprise du marché. En effet, les banques devront ajuster leurs taux et adoucir certains critères pour que les différents marchés puissent réellement redémarrer.

L’avantage reste que les demandes de prêt étant nombreuses, les accords de crédit sont obtenus rapidement.